Snecma : Sollan intègre Alfresco pour la gestion de documents de travail utilisés en atelier

6 05 2011

Auteur : Thomas Dechilly

Sollan a mis en place une chaîne de production et de mise à jour des documents de travail utilisés dans les ateliers Snecma. La solution a été élaborée sur le socle Alfresco et l’éditeur XML XMetaL. Elle permet de gérer la mise à jour quotidienne de 40000 à 50000 documents.

Le système a été déployé sur les sites situés en France. Il est utilisé par 60 préparateurs « méthodes » et 600 à 700 opérateurs en ateliers qui ont reçu une formation appropriée. Progressivement le système sera déployé sur l’ensemble des sites Snecma MRO.

Accès au « Case Study ».



Principes pour urbaniser vos services GED

20 05 2010

Auteur : Thomas Dechilly

Introduction

Ces cinq dernières années, les problématiques et usages liés à la gestion des contenus et documents se sont stabilisés. Les différentes solutions de GED, CMS, de travail collaboratif ou moteur de recherche,… permettent aujourd’hui de déployer les outils et moyens nécessaires à l’entreprise afin de mieux gérer ses documents numériques et la masse d’information associée.
Cette maturité toute relative du monde de l’ECM s’inscrit elle aussi dans un contexte plus général d’urbanisation des services informatiques. Ainsi, se pose une nouvelle question : comment positionner « les services GED » par rapport aux autres services informatiques ? Quelles solutions, quels protocoles et quelles attitudes adopter sur l’urbanisation afin de maîtriser le déploiement et l’évolutivité de ces solutions tout en optimisant leur amortissement ?
Dans cet article, nous reprenons les principaux points à identifier lorsque se pose la question d’un service GED unifié pour l’entreprise. D’autres articles à paraître reviendront sur certains aspects de cette problématique (couplage GED/Moteur de recherche ; couplage GED/Annuaire ; la GED comme référentiel de ressources pour votre intranet ; GED et archivage ; Bien utiliser les interfaces (IHM) de votre GED ; BPM, Workflow et processus documentaires ; …).

La GED comme service unifié au sein du SI

Les entreprises et organisations ont unifié leurs sites intranets, mis en place des solutions de gestion de contenus Web (CMS) ou ont déployé des outils de GED ou autres bases documentaires…
De leur coté, les éditeurs logiciels ont étendu l’adressage fonctionnel de leurs solutions afin d’être en capacité de répondre à la problématique générale de « référentiel de ressources numériques ». Ainsi la « fonction GED » se retrouve intégrée dans les solutions du marché sous différentes formes : module GED ou « Resources Library » complémentaire au CMS, Intranet ou encore ERP.
Les logiciels de GED ont également étendu leur spectre fonctionnel afin de permettre la mise en place de fonctions de publication Web (intranet et Internet), de collaboration ou autres fonctions métiers (configuration produit, gestion de documentation structurée, médiathèque…).
Dès que le Système d’Information d’une organisation est constitué de plusieurs services « de gestion de contenus », il devient vite critique d’unifier « la fonction GED » afin de répondre au besoin de « référencement et d’unicité des ressources numériques » et rationaliser ainsi l’investissement « GED ».
Deux grandes orientations sont alors envisageables :

  • Migrer les solutions existantes vers une unique solution couvrant les fonctionnalités attendues,
  • Mettre en place une architecture permettant d’urbaniser et d’intégrer ces différents services.

Nous développons dans cet article la seconde alternative. Nous considérons en effet le cas où le nombre et les caractéristiques des applications existantes rendent difficile une refonte totale du SI en ce qui concerne les applications de gestion de contenus. Une architecture modulaire « par service » restera plus évolutive (grands principes des orientations EAI).

Maîtriser le périmètre fonctionnel de la GED

Il faut préalablement définir les fonctionnalités de la GED à « unifier ». En effet, les éditeurs étendent en permanence la couverture fonctionnelle de leurs produits, il faut donc savoir arbitrer sur les fonctions à conserver pour chaque solution.
Ainsi faut-il plutôt conserver la fonction « portail » d’un outil de GED ou est-il préférable de coupler la GED au moteur de portails déjà déployé ? De même, faut-il utiliser le moteur d’indexation intégré à la solution intranet, utiliser celui de la GED ou  déployer une solution tierce complémentaire remplaçant les deux premières ? Ou encore, faut-il préférer les fonctionnalités collaboratives de la GED par rapport au CMS ?
Penser l’urbanisation des services de gestion de contenus et documents nécessite d’effectuer ces arbitrages.
Si de grands principes d’urbanisation peuvent être exprimés (section suivante), ces choix restent néanmoins dépendants de l’historique du Système d’Information, de la génération des solutions utilisées pour chaque service, de leurs capacités à évoluer, des roadmaps éditeurs, des usages, du niveau de déploiement de l’annuaire d’entreprise et bien évidemment du budget…

Quelques principes pour une démarche d’urbanisation GED

Avant toute chose, il est nécessaire :

  • De faire l’inventaire des services attendus par les utilisateurs, d’apprécier leurs spécificités mais surtout leurs criticités par rapport aux activités de l’organisation. L’arbitrage final sera toujours guidé par les objectifs fonctionnels à atteindre et le retour sur investissement associé. Il faut donc pondérer chaque service identifié par rapport à sa criticité et au ROI estimé,
  • De définir un périmètre fonctionnel « concentrique » pour chaque grand service. Dans ce cadre, il faut revenir aux fondamentaux :
    • Quelles sont les principales fonctions attendues d’une GED et leurs interdépendances?
    • Il est a minima nécessaire  d’assurer le référencement des ressources documentaires, leur classement, leur sécurisation,
    • Dans un second temps (de façon concentrique) viennent les fonctionnalités liées à la description (métadonnées), l’indexation, les états et statuts documentaires, la gestion des versions,
    • Puis les principes de gestion documentaire : réserver/libérer un document, valider…
    • Les fonctionnalités « périphériques », les plus distantes du cœur fonctionnel pourraient éventuellement être reportées sur des services externes : workflows, publication web, collaboration…
  • Une fois les périmètres fonctionnels établis, il s’agit de définir les flux de données/documents nécessaires :
    • Quels sont les services exposés : créer un nouveau document, récupérer un document, mettre à jour, liste de documents pour lequel un utilisateur donné possède des droits de lecture, liste des documents à valider…,
    • Quels sont les services requis pour l’interopérabilité : annuaire d’identités et de groupes communs entre les services,  connecteur pour un moteur de recherche externe,…

Le niveau de couverture du service GED unifié dépend des fonctionnalités attendues par les autres services et des capacités de la (ou des) solution(s) identifiée(s).
Dans ce cadre, les fonctions GED retenues peuvent éventuellement être simplifiées (exemple : stockage, classement, sécurisation, métadonnées), les fonctions étendues seront portées par des services spécifiques a priori plus performants sur leur domaine.
Par opposition, le niveau d’utilisation de la GED peut rester très avancé. Dans ce cadre, le niveau de compatibilité du produit identifié avec les besoins de l’entreprise en termes d’urbanisation devra être très important. L’outil de GED devient dans ce cas central dans l’architecture du SI.

Considérations techniques

Si l’urbanisation des services GED suit les grands principes d’intégration des applications d’entreprise, il y a néanmoins quelques spécificités techniques liées à la nature des informations échangées, nous en citons deux :

  • Unifier les référentiels d’identités et de groupes
    • Point essentiel de toute intégration d’applications mais nécessaire lorsque l’on aborde le domaine des contenus d’entreprise,
    • En effet, il s’agit de permettre une continuité entre les applications (accéder aux documents depuis l’intranet ou depuis le portail de recherche) afin de respecter les différents périmètres de confidentialité propres aux documents et informations produites par les collaborateurs,
    • Ainsi la diffusion d’un document sera restreinte à une certaine population tant qu’il appartiendra à une application métier spécifique et il pourra être diffusé plus largement lorsque publié sur l’intranet,
    • Les différents services doivent pouvoir accéder à un annuaire d’identités unique ainsi qu’aux définitions de groupes d’utilisateurs applicables.
  • Utiliser des standards EAI spécifiques à la GED: CMIS
    • Les éditeurs de solutions de gestion de contenus s’accordent actuellement sur la définition d’un nouveau standard : CMIS (Content Management Interoperability Services),
    • Ce standard doit permettre de faciliter l’interopérabilité entre les applications ayant à échanger des contenus ou documents ou effectuer des traitements sur ces informations,
    • Au moment de la rédaction de cet article, CMIS vient d’être approuvé par OASIS (Organization for the Advancement of Structured Information Standards) mais reste à un stade très générique de sa définition,
    • Les premières mises en œuvre au sein des plateformes ECM restent relativement basiques, certains services ne sont pas encore implémentés (ex : unification des mécanismes de propagation des droits).
    • A ce stade, il s’agit donc d’en rester aux principes et protocoles génériques d’intégration d’applications. L’intégration future de CMIS dans le contexte d’une architecture modulaire sera facilitée.

Conclusion

Le positionnement des fonctions GED comme service unifié au sein du Système d’Information de l’entreprise est une orientation forte, justifiée par la maturité des solutions ECM et le contexte général « d’intégration d’applications ».
Comme nous l’avons abordé, il n’y a pas de solution unique et standardisée pour l’urbanisation des fonctions GED, il y a néanmoins des principes forts qui peuvent guider la démarche d’intégration pour assurer l’interopérabilité des systèmes.
Une étude préalable des existants techniques et de l’expression des besoins est nécessaire afin d’établir l’urbanisation d’un SI pour ses fonctions d’ECM.
Enfin, l’aboutissement de standards comme CMIS devrait faciliter la démarche d’urbanisation.

Acronymes

CMIS: Content Management Interoperability Services
CMS : Content Management System (souvent utilisé pour « WCMS » ou gestion des contenus Web)
EAI : Intégration d’applications d’entreprise
ECM : Enterprise Content Management
ERP : Progiciel de gestion intégré
GED : Gestion électroniques des documents
OASIS: Organization for the Advancement of Structured Information Standards
SI : Système d’Information



Comment faire du KM avec une GED ?

18 02 2008

Auteur : Thomas Dechilly

Les solutions de Gestion Electronique des Documents offrent aujourd’hui de nombreuses possibilités pour mettre en place et faire vivre un référentiel de connaissances et faciliter le partage de ces connaissances entre les collaborateurs de l’entreprise. Dans cet article nous exposons les différentes fonctionnalités des GED pouvant être utilisées ou à paramétrées pour la gestion de connaissances dans l’entreprise. Ce qui peut faire des GED de réelles solutions KM (Knowledge Mangement)

Objectifs du KM

Le KM regroupe toutes les activités et solutions permettant l’acquisition, la modélisation et le partage de connaissances. Le terme connaissance adresse dans ce contexte, toute information (texte, image, vidéo, plans, documents…) repérée ou indexée au sein d’un système d’information structuré. Les objectifs du KM sont dans ce cadre :

  • de proposer un ou plusieurs modèles pour structurer l’information. Il pourra s’agir d’arborescences ou réseaux de notions (ontologie, thesaurus, terminologie), de listes d’autorités faisant l’inventaire des notions du domaine, de réseaux de « tags »… Au sein de ces listes ou arborescences, nous retrouverons les principales notions utilisées par les acteurs du domaine, les projets ou programmes en cours, et également les équipes et acteurs intervenant sur ces projets,
  • de permettre la représentation de connaissances sur des thèmes identifiés. Il s’agira généralement de structurer et remplir des fiches ou formulaires. L’utilisation systématique d’un modèle de formulaire donné pour un type de connaissance permettra l’organisation, la gestion et la restitution des connaissances,
  • l’indexation des connaissances (formulaires, documents…) en utilisant les modèles ou listes établis,
  • la recherche et la restitution des connaissances au sein de « vues » spécialisées par métier ou processus.

Représenter des connaissances dans une GED

Les GED offrent différents mécanismes et fonctions permettant la représentation et la structuration des connaissances d’un domaine. Ces fonctions sont à utiliser en fonction des besoins spécifiques et également en fonction de la nature des connaissances à modéliser et à partager.

Formulaires, modélisation des connaissances

Une fonction relativement centrale du KM est la constitution des connaissances. Il s’agit de pouvoir réunir à un unique endroit des informations qui constitueront une connaissance. Cette fonction est généralement assurée par la mise en place de formulaires composés de champs libres et de champs prenant leurs valeurs dans des listes contrôlées (listes d’autorités, thesaurus ou autres réseaux de tags terminologiques).

Une GED doit ainsi permettre l’élaboration de modèles de formulaire, faciliter la gestion et la modification de ces formulaires et la mise en relation de ces formulaires avec les réseaux terminologiques précédemment constitués.

Ces formulaires doivent également permettre d’attacher des ressources documentaires (documents, fichiers attachés) ou de pointer vers ces ressources.

La recherche par valeur sur les champs du formulaire doit être possible.

Plan de classement

Les fonctionnalités de classement offertes par les GED doivent pouvoir être utilisées pour organiser et structurer les formulaires et les documents attachés. Le plan de classement, généralement hiérarchique doit « donner à voir » la structure générale de la base de connaissances. Il constitue l’un des points d’accès à la connaissance.

Comme tout plan de classement, il doit être constitué avec une approche suffisamment générique pour ne pas avoir à le faire évoluer trop fréquemment. Il constitue le point de repère commun aux acteurs de la connaissance.

Catégories, liste d’autorités, tags

La mise en place de catégories transversales permettra l’indexation des connaissances. Les catégories ou listes de valeurs linguistiques (tags) constituant ces catégories peuvent évoluer en fonction des besoins. Nous y retrouverons les notions ou informations utilisées au sein des processus de l’organisation (noms des projets ou programmes, noms des produits, techniques ou processus…). Les informations modélisées ici seront essentiellement des listes « à plat », pour les réseaux hiérarchisés d’information, il faudra préférer les mécanismes de thésaurus ou ontologie si disponibles.

Thesaurus, ontologie, terminologie

Il s’agit à l’instar des catégories, d’inventaire des notions utilisées au sein du domaine de connaissance. La principale différence réside dans la structuration de ces notions. Si les catégories sont de simples listes, les thésaurus ou ontologie constituent de réelles arborescences ou réseaux de notions.

Ces arborescences ou réseaux permettent d’organiser l’information du générique au spécifique, ou sur le mode du « tout/parties ». Les principes constituant de ces réseaux varient en fonction de la nature de l’information (l’organisation d’un thésaurus reprendra certaines règles établies du métier de la documentation, l’organisation d’une ontologie ou réseau de notions pouvant être élaborée plus librement en fonction des besoins et des spécificités du domaine de connaissance).

Dans tous les cas, ces structures d’information seront utilisées pour modéliser les notions du domaine et offrir ainsi les règles d’indexation de l’information (du générique au spécifique ou de la constitution « tout/parties »).

Les moteurs de recherche exploitant ces structures pourront être en mesure de profiter du réseau de connaissances (recherche des informations indexées par les hyponymes d’un terme donné d’un thésaurus, ou extension d’une recherche à une notion « plus générique »).

Vues dynamiques

Les différents mécanismes de structuration de la connaissance (formulaires/documents indexés) prendront toute leur valeur au moment de la restitution de l’information. En effet, en fonction du besoin de l’utilisateur, des « vues dynamiques » donneront à voir les connaissances ou sélection d’informations parmi les connaissances constituées. Il s’agit dans ce cadre de pouvoir paramétrer les écrans comme de véritables tableaux de bord personnalisés. Les connaissances pourront ainsi être restituées en fonction du profil de l’utilisateur, de sa recherche, du type d’information recherchées.

Des mécanismes de « push » d’information pourront être mis en place pour restituer des connaissances « proches » ou « à propos » de l’information consultée.

L’objectif principal étant de donner à voir l’information pertinente par rapport aux besoins spécifiques de l’utilisateur.

Conclusion

Les GED offrent de nombreux outils facilitant la structuration et le partage d’informations. En adoptant une attitude structurante, ces solutions constituent de réelles solutions de KM. De plus les mécanismes de partage d’information (travail collaboratif, diffusion de l’information par flux RSS ou autres systèmes d’abonnement…) constituent des évolutions importantes pour la dynamisation de la connaissance. L’information capitalisée peut ainsi être facilement complétée, réindexée et restituées dans de nouveaux contextes. Le capital savoir de l’entreprise prend ainsi toute sa valeur.



Ne pas confondre GED et Archivage

7 02 2008

Auteur : Thomas Dechilly

Les notions respectives de « gestion électronique des documents (GED) » et « archivage » sont régulièrement confondues.

Il est en effet fréquent d’entendre dire « est-ce que tu as archivé la dernière version sur la GED ? » ou « c’est bon c’est archivé dans la GED » ou encore « pas de problème, le disque a été archivé »…

Si de prime abord il s’agit d’une banale distinction sémantique, cette confusion est le reflet de pratiques héritées de la gestion documentaire « papier ». Le document était considéré comme «protégé » à partir du moment où il avait été « archivé », c’est-à-dire déversé dans le local d’archives pour une durée déterminée de préservation.

Enregistrer un document dans une GED ou le déposer sur un disque « sauvegardé » peut entraîner le sentiment que le document est alors « protégé », il serait donc « archivé ».

En effet, pour l’utilisateur final, où est la différence entre « sauvegarde » et « archivage » ? Si les données entreposées sur un disque régulièrement sauvegardé sont « protégées » puisqu’il lui serait possible de les récupérer à partir des sauvegardes programmées, que demander de plus ?

Il en est de même pour les documents entreposés dans une GED. Cette dernière est assurément sauvegardée, les documents sont donc « protégés ».

La notion d’archivage numérique est différente. L’archivage consiste à donner un statut « d’archive » au document ou au lot de documents considérés. Il s’agit de verrouiller ces informations pour une durée déterminée afin d’assurer leur authenticité (document non modifiable). Au terme de cette durée de rétention, le document pourra être détruit, simplement restitué ou à nouveau archivé pour une nouvelle période.

L’archivage protège les actifs de l’entreprise au regard de ses différentes obligations (légales, contractuelles, capitalisation de savoirs…). L’archivage concerne à la fois les documents quotidiennement utilisés et les documents dont on n’a plus l’usage à un moment donné.

Entreposer ses documents dans une GED ou sur un simple disque réseau partagé ne répond pas à la question de l’archivage. Les documents sont stockés pour être mieux diffusés, partagés ou validés mais en aucun cas « archivés ».

Certaines GED proposent néanmoins une fonction d’archivage. Dans ce cas, des règles de sélection et de déversement du contenu dans un espace d’archivage sont appliquées. Les documents sont « marqués » comme archivés et bénéficient d’un traitement répondant aux exigences propres de l’archivage. Ces règles d’archivage peuvent être ou non explicitées à l’utilisateur final. Car avant tout, l’archivage est une problématique qui concerne l’entreprise et non de l’utilisateur.

Quelques liens sur l’archivage :



Pourquoi et comment migrer d’un disque partagé à une GED ?

31 01 2008

Auteur : Thomas Dechilly

Le disque réseau partagé représente pour de nombreuses entreprises, l’unique moyen disponible pour stocker, organiser et partager des fichiers.

La logique « disque dur » : facile à utiliser

  • Les disques partagés constituent le prolongement naturel du poste de travail. Un disque partagé est disponible comme tout espace de stockage local. Depuis toutes les applications utilisées, il est possible d’ouvrir et d’enregistrer facilement des fichiers,
  • C’est un moyen pratique et flexible pour organiser son information. Les répertoires et sous-répertoires peuvent être nommés et structurés pour répondre à des besoins spécifiques,
  • Les droits sont gérés sur les répertoires et sous répertoires, il est ainsi possible de mettre en place une politique d’accès.

Pourquoi préférer une GED à un disque dur ?

  • Multiplicité des plans de classement
    • Une structure arborescente basée sur l’utilisation de répertoires et sous-répertoires ne permet pas de proposer plusieurs « vues » aux utilisateurs. Ces derniers doivent impérativement utiliser la structure proposée,
    • Il est donc fréquent que des arborescences soient dupliquées et revues par des groupes d’utilisateurs afin de mieux correspondre à leurs besoins.
    • L’information est ainsi fréquemment dupliquée.
    • Parfois, les utilisateurs mettent en place une couche complémentaire au stockage sur disque : pages HTML ou micro sites HTML permettant de pointer vers les répertoires ou documents avec une « autre » organisation. Le maintien de ce type de structure est généralement chronophage. Et souvent, les structures HTML ne sont plus à jour avec les structures stockées sur les disques partagés.
  • Indexation / moteur de recherche
    • Par défaut, un disque partagé n’offre pas d’outils adaptés pour la recherche.
    • Les utilisateurs utilisent alors fréquemment les outils disponibles sur leur station. Ces outils ne permettent généralement pas la création et le maintien d’index, accélérant les recherches. Chaque recherche sollicite le disque partagé et peut prendre plusieurs minutes (et mêmes plusieurs heures).
    • Si des outils d’indexation plus élaborés sont disponibles sur les postes des utilisateurs (Google, Copernic, Exalead, Microsoft…), ces processus restent consommateurs de bande passante et de ressource sur le disque partagé (temps CPU nécessaire pour les ré-indexation). Plus le nombre d’utilisateurs est important, plus un système d’indexation centralisé permettra d’optimiser les ressources partagés.
  • Accès concurrents
    • Un disque partagé ne permet pas de gérer efficacement les accès concurrents sur un même fichier,
    • Ainsi, suivant vos pratiques ou les pratiques de vos collaborateurs, vous pouvez facilement perdre des données :
      • Un collaborateur repositionne une version mise à jour d’un fichier en écrasant votre version « plus récente »,
      • Vous ne pouvez pas accéder à un fichier car l’un de vos collaborateurs l’a ouvert directement à partir du disque partagé. Et vous ne pourrez reprendre la main sur le fichier qu’une fois refermé.
  • Rigidité, fortes interdépendances
    • Enfin, les références ou raccourcis créés depuis des systèmes tiers vers les fichiers du disque partagé peuvent être difficiles à maintenir dans le temps,
    • En effet, il n’existe pas de notion de « permalink », assurant l’identification d’un fichier par un nom unique quelque soit l’endroit où il sera stocké. Tout déplacement ou re-nommage de ressources peut donc engendrer des « liens morts ».
    • De même, vous n’aurez aucune garantie qu’un lien pointe réellement vers la dernière version de votre fichier, si cette dernière version a été effectuée à une autre emplacement ou sous un autre nom.

Comment passer d’un disque partagé à une GED ?

Si la GED apporte de nombreuses réponses fonctionnelles, le passage d’un disque partagé à une GED demande néanmoins une étude préalable afin d’assurer la conduite du changement et la bonne adéquation de l’outil aux besoins des utilisateurs :

  • Le disque partagé, facilitant l’accès aux fichiers, est très apprécié par les utilisateurs. Ces derniers souhaiteront certainement conserver ce type d’accès,
  • En fonction des GED, différents mécanismes sont disponibles :
    • Clients windows/unix permettant de « simuler » un accès à la GED sous la forme d’une arborescence de fichiers. Ces clients permettent toutes les fonctions disponibles sur un disque partagé (copier/coller, déplacement, renommer un fichier…). Certains clients permettent en complément d’éditer les métadonnées relatives au document. Ces clients nécessitent généralement l’installation d’un logiciel sur le poste client de l’utilisateur (cette installation peu constituer un frein éventuel au déploiement et à la maintenance de ce type d’accès),
    • Interfaces standardisées de type WebDAV ou CIFS. Certaines GED offrent des interfaces standardisées permettant de simuler un accès disque distant. Ces interfaces ne permettent généralement pas d’adresser les spécifiques de la GED (accès aux métadonnées décrivant le document). Par contre, ces interfaces peuvent assurer les accès concurrents au fichier (check-in/check-out).:
      • L’interface WebDAV, nécessite des logiciels clients compatibles (La plupart des logiciels proposent aujourd’hui cette compatibilité, dont la suite MS Office). Ce type d’accès est généralement disponible en contexte Windows, Unix et Mac.
      • L’interface CIFS, ne nécessite aucune installation sur le poste client ni logiciel compatible, par contre cette interface est réservée aux clients MS Windows et systèmes de fichiers compatibles.
  • Enfin, l’accès « type disque partagé » ne doit pas être considéré comme l’accès unique aux documents de la GED, mais comme un complément permettant de faciliter le déversement et la mise à jour des fichiers.

Conclusion

Toute migration technologique ne se fait pas sans impacter les pratiques en place. Il est fréquent de constater que la mise en place d’une GED a été un échec car les nouveaux modes d’accès aux documents ont été complexifiés. Malgré les nombreuses fonctionnalités apportées par la GED, les utilisateurs, par facilité, ont conservé leurs anciens outils ou ont mis en place des solutions parallèles.

C’est pourquoi les pratiques basées sur les disques partagées, aussi simples puissent-elles paraître, méritent d’être prises en considération lors de l’implantation d’une nouvelle solution.



GED : 7 conseils pour mettre en place et maintenir un plan de classement

24 01 2008

Auteur : Thomas Dechilly

Le déploiement d’une GED dans une entreprise nécessite la mise en place préalable de certaines règles pour organiser les contenus et faciliter le travail des collaborateurs.

Dans cet article, nous proposons 7 conseils pour mettre en place et maintenir un plan de classement au sein d’une GED. Ces conseils mobilisent les capacités généralement offertes par les GED récentes (plan de classement multiple, indexation par catégories, espaces virtuels, moteur de recherche…).

I - Multiplicité des points de vue et usages

  • La solution est rarement un « unique » plan de classement. Chaque service, département ou groupe d’utilisateurs a généralement des besoins spécifiques et souhaiterait classer l’information en fonction de ces besoins
  • Il est donc important d’étudier ces usages et ces besoins pour différencier les points communs à toute l’entreprise des aspects spécifiques à un groupe d’utilisateurs
  • Les points communs permettront d’arrêter une organisation commune facilement partageable et les points spécifiques permettront une meilleure adéquation du plan de classement aux besoins « locaux ».
  • Une erreur consisterait à proposer un unique plan de classement inadéquat pour chaque spécifique métier et donc le risque que l’outil ne soit pas accepter par les utilisateurs qui reviendraient naturellement à leurs disques réseaux partagés, toujours plus « adéquats».
  • Certaines GED proposent la définition de plans de classement « virtuels » constituant des « logiques d’accès » adaptés à un usage donné. Ces mécanismes peuvent faciliter la mise en place du plan de classement.

II - Des règles et des libertés

  • Il est toujours nécessaire d’établir certaines règles de nommage transversales à l’entreprise.
    • Ainsi, s’entendre sur le format des dates (JJMMAAAA, AAMM…) utilisés pour nommer certains dossiers,
    • Convenir de règles de nommage pour les fichiers (ex : préfixe lié à la localisation dans le plan de classement) permet de facilement repositionner ces fichiers lors de mises à jour. Un fichier a en effet une vie dans et hors de la GED, le nom du fichier est l’un des moyens d’assurer la continuité entre ces deux contextes
  • Appliquer ces règles restent généralement délicat, et quelque soit la rigueur appliquée par les collaborateurs, ces « consignes » sont rarement tenues dans la durée,
  • Il s’agit donc de profiter des automatismes proposés par les GED pour automatiser ces comportements (nommage automatique des fichiers en fonction du contexte de création, compléter automatiquement la fiche d’indexation associée…)
  • L’utilisateur ne doit si possible ne pas se soucier des mécanismes liés à la gestion documentaire.

III - Ouverture de l’information

  • Une problématique importante de la gestion de l’information dans l’entreprise est liée au risque de « cloisonnement » de l information.
  • En effet, une information est produite à un instant donné dans un contexte donné. Elle se retrouvera donc « classée » en fonction de ce contexte. Les organisations évoluant nécessairement (un projet s’interrompt, reprend, les organigrammes sont révisés, l’organisation des services/départements évolue…), le plan de classement peu très vite devenir inapproprié par rapport à la réalité de l’organisation. Le résultat est que certains documents deviennent inaccessibles à certains utilisateurs…
  • Dans ce cadre, en plus des conseils déjà énoncés (évolutivité, multiplicité des points de vue), il est pertinent de profiter des nouvelles capacités des GED, à savoir :
    • Plan de classement virtuel : un dossier pourra être accessible dans le contexte de plusieurs plan de classement (lien vers le dossier),
    • Des « liens » pourront être ajoutés dans les anciennes ou nouvelles organisation afin de consolider l’information déjà capitalisée.

IV- Hiérarchie et organisation matricielle

  • Plan de classement rime généralement avec « organisation hiérarchisée », similaire à l’organisation arborescente des répertoires sur un disque dur,
  • Cette approche a le bénéfice de ressembler à l’organisation d’un disque dur : une unique arborescence qui propose aux utilisateurs une logique de lecture pour positionner ou retrouver une information. Dans ce cadre, les utilisateurs habitués à l’organisation en place sur les disques locaux ou partagés retrouvent facilement leurs marques. Cette approche permet également d’établir une compréhension commune et partageable de l’organisation de la GED : les collaborateurs peuvent facilement appréhender la structure et la partager.
  • Par contre, cette approche est très vite limitée dans l’usage. En effet, un fichier mérite souvent de se retrouver à plusieurs endroits du plan de classement en fonction du point de vue de l’utilisateur. Dans ce cadre, il est donc préférable d’utiliser les capacités d’indexation proposées par les GED (ce que nous appelons organisation matricielle),
  • Ainsi, en concevant une fiche d’indexation permettant de décrire un type de document, il sera possible de définir des champs d’indexation avec des valeurs provenant de liste d’autorités (choix de valeurs établies). Par le biais du moteur de recherche, il sera possible de retrouver tous les documents répondant à un critère donné.
  • Cette seconde approche, puissante car peu limitée dans le nombre de champs et de valeurs d’indexation n’a par contre pas l’avantage de « donner à voir » une structure préétablie telle l’arborescence du plan de classement. Il s’agit donc de trouver un juste milieu entre ces deux modes d’organisation.

V - Evolutivité

  • Il est important de concevoir un plan de classement en ayant à l’esprit que ce dernier évoluera nécessairement. En effet, l’organisation interne d’une entreprise et de ces processus évoluent en permanence, il est donc naturel de pouvoir faire évoluer le plan de classement et outils d’indexation utilisés pour la gestion documentaire,
  • Dans ce contexte, il est préférable de ne pas inscrire « en dur » les informations susceptibles d’évoluer à court et moyen terme
    • Ainsi, on préférera utiliser des catégories ou clés d’indexation transversales et redéfinissables pour les notions qui évoluent plutôt que d’utiliser un plan de classement hiérarchique, nécessairement plus « rigide »,
    • De même, on privilégiera l’emploi de termes « génériques » aux termes « spécifiques » pour les dossiers du plan de classement (par exemple, pour des noms de produits, des noms de services, processus, projets ou de départements de l’entreprise…).

VI - Restructurer et faire le ménage

  • Il est important de planifier des opérations régulières visant à « nettoyer » et revoir le plan de classement.
  • Il ne s’agit surtout pas de « tout casser » mais de réactualiser les logiques de classement et d’indexation :
    • Créer de nouvelles branches de classement ou fusionner certaines branches,
    • Ajouter des liens entre branches,
    • Revoir les valeurs des listes d’autorités (certains produits, services… peuvent avoir disparus de l’organisation…)
  • Cette opération doit être prévue à deux niveaux :
    • Global : impactant le plan de classement et les règles d’indexation communes à toute l’entreprise,
    • Local : chaque service / département responsable de ses espaces spécifiques doit appliquer une démarche similaire afin d’assurer l’adéquation de l’organisation avec les utilisateurs locaux mais également pour assurer la meilleure « lisibilité » aux collaborateurs des autres services/départements.

VII - Un ami : le moteur de recherche

  • Enfin, il n’est pas concevable d’aborder la problématique du plan de classement sans aborder la notion de moteur de recherche,
  • Comme déjà abordé, le moteur de recherche doit être considéré à deux niveaux :
    • Exploitation des champs indexés et utilisant les catégories d’indexation transversales à l’entreprise,
    • Exploitation des capacités de recherche « plein texte » constituant une réponse adéquate à de nombreuses situations de recherche de documents.